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10 juillet 2019

Grépon - Mer de glace

Avec Antoine dans Grépon–Mer de Glace : du IV+ bien chamoniard, la fissure Knubel et un sommet émouvant, avant une longue descente par les Nantillons.

Antoine encordé sur une vire de granit dans Grépon–Mer de Glace, devant les aiguilles enneigées.

Troisième étage de la fusée aujourd’hui… Le réveil pique un peu ce matin. De ces jours où tu sens qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour envoyer valser ce téléphone qui sonne insolemment et te rendormir jusqu’à midi !

Nous avons décidé de laisser partir devant nous trois cordées que nous supposons plus rapides, pour pouvoir grimper sans le stress de cordées qui nous talonnent… C’est qu’aujourd’hui, par le hasard des agendas et d’une météo conciliante, quatre autres cordées ont le même projet que nous : Grépon–Mer de Glace.

Grépon–Mer de Glace : du IV+ qui grimpe !

Passée la rimaye, nous prenons notre mal en patience. Les cordées devant ne déroulent pas autant que nous l’imaginions : on en profite pour mater le paysage… Avant le rappel qui donne accès à la partie supérieure de la voie, à la faveur d’une erreur d’itinéraire généralisée des trois cordées devant nous, nous repassons devant.

Plus nous nous élevons dans la face, plus la grimpe est belle ! Et plus la grimpe est dure ! Au-dessus de la niche des Amis, le IV+ chamoniard et les efforts des journées précédentes commencent à se faire sentir. Faut dire que les IV+, par là-haut, ils ont des allures de 6a de la plaine ! Après deux grandes longueurs, nous sommes rattrapés par Yannick et son client, en chaussons depuis le début de la voie, ce qui finit de convaincre Antoine de quitter les grosses pour la fin !

Je sens qu’Antoine commence à en avoir un peu marre de ces océans de granit, mais nous sommes près de la sortie… Bon, nous avons tous les deux lu le topo et on ne va pas se mentir : les difficultés sont au-dessus de nous ! Les deux dernières longueurs qui mènent à la brèche Balfour sont un beau condensé d’escalade chamoniarde où tous les styles y passent, de la dalle à la fissure trop large !

La fissure Knubel et l’émotion du sommet

Arrivés à la brèche Balfour, seuls 20 m nous séparent du sommet : c’est la fameuse fissure Knubel, le premier V+ du massif, un beau morceau d’histoire… Je sens qu’Antoine prendrait bien la tangente… Mais le fait de pouvoir grimper sans sac et la motivation du sommet lui donnent le regain nécessaire.

L’arrivée au Grépon est grandiose. Le dernier mouvement nous rétablit sur ce sommet large comme une table, niché au milieu d’une arête de gendarmes vertigineux surplombant Chamonix. Nous sommes émus d’être là !

Les Nantillons : le sommet n’est pas l’arrivée

Enfin, au Grépon, le sommet est loin d’être l’arrivée. Mais aujourd’hui, grâce à des conditions encore plutôt bonnes sur le glacier des Nantillons et à Antoine qui aime cavaler dans les pentes de neige, nous mettrons « seulement » trois heures pour rejoindre le téléphérique, après moult désescalades, rappels acrobatiques et autres fantaisies…

Finish à la buvette du télé avec Yannick et son client. Heureusement que Yannick est là pour dire à Antoine qu’il a assuré, car moi, il ne me croit plus !

Bravo mon Roberto, le programme était ambitieux et t’as géré ça à merveille de A à Z, malgré un guide sadique qui t’a laissé en grosses un peu trop longtemps !

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Grépon–Mer de Glace : du granit et de l’émotion