Quatre jours au Mont-Blanc avec une belle équipe : sommet pour les uns, Dôme du Goûter avec Pierre pour moi, et le même plaisir au-dessus des nuages.

Après un premier Mont-Blanc parfait, avec un créneau météo juste miraculeux, je retrouve une nouvelle bande à Tête Rousse, sans même passer par la vallée… Chloé, Cyrille, Pierre et Fred sont accompagnés par Charles, un copain guide.
Deux nuits à Tête Rousse pour prendre le temps
Mes compagnons ont choisi une formule en quatre jours pour favoriser l’acclimatation, souvent l’une des clés de la réussite là-haut… Pour ça, ils passent d’abord deux nuits à Tête Rousse, avec une petite journée de préparation autour du refuge pour caler les détails techniques et cramponner un peu.
À ce moment-là, les conditions sont excellentes sur la montagne. Le couloir du Goûter est tout en neige et fait beaucoup plus rêver qu’en pleine canicule, lorsque les chutes de pierres menacent les alpinistes qui le traversent ! Ce jour-là, son sinistre surnom de « couloir de la Mort » paraît presque décalé avec le paysage, même si la vigilance reste de mise.
Le suspense météo reste entier jusqu’à la dernière minute… Pas toujours évident pour nous, les guides, de prendre une décision avec une météo aussi instable. Nous attendons le dernier bulletin après le repas du soir pour décider de l’heure du lever : si nous tentons le sommet, ce sera 1 h 30 ; sinon, ce sera 7 h pour « juste » monter au refuge du Goûter. Pas tout à fait pareil !
Le nez dans nos petits smartphones, nous essayons de lire entre les lignes des bulletins météo… Tout ne converge pas, mais une fenêtre semble quand même se dessiner. On tente : ce sera donc 1 h 30, tant pis pour la grasse mat’ !
Après deux jours passés à Tête Rousse, Chloé, Cyrille, Fred et Pierre ont un peu la bougeotte, et l’idée de tenter le sommet demain les motive !
Une éclaircie vers le col du Goûter
1 h 30 : je glisse un œil à moitié ouvert par la fenêtre du dortoir… Le refuge est dans les nuages, mais j’aperçois furtivement quelques étoiles. Ça sent bon !
Le couloir du Goûter est avalé à bon train… Nous nous posons quelques minutes sur la terrasse de l’ancien refuge pour boire et manger. Un petit vent frais souffle et les nuages restent de la partie pour l’instant… Nous shuntons la pause au Goûter pour entamer la montée au col du Goûter. En chemin, nous croisons deux cordées parties du Goûter ce matin, qui rebroussent chemin : trop froid, trop de vent… Brrr, pas motivant, ça !
Avant d’arriver au col du Goûter, nous traversons un passage hostile : vent de face, visibilité nulle… Le sommet ne semble pas gagné ! Mais aujourd’hui, la montagne n’appartenait pas forcément aux plus matinaux ! Vers le col du Goûter, les nuages se déchirent de plus en plus et le sommet se dégage. Le soleil nous réchauffe instantanément et le vent tombe d’un coup. OK, on prend !
Deux sommets, le même plaisir d’être là
Pierre accuse un peu le coup, lui qui s’est engagé au dernier moment dans ce projet sans véritable préparation — mais avec une solide constitution de base ! L’altitude ne pardonne pas… Nous partons tous les deux vers le Dôme du Goûter pendant que Charles continue vers le sommet du Mont-Blanc avec Cyrille, Chloé et Fred.
Le spectacle est vraiment fantastique aujourd’hui. De grosses masses nuageuses venues d’Italie débordent sur le col du Midi. Le Tacul et le Maudit sont enveloppés dans la ouate, mais le Mont-Blanc trône en plein ciel et l’arête des Bosses est parfaitement dégagée !
Plutôt que de descendre tout de suite au refuge avec Pierre, nous prolongeons le plaisir là-haut. On papote tout en rejoignant le sommet du Dôme du Goûter, bien plus qu’un lot de consolation aujourd’hui avec cette ambiance magique… La déception est très vite passée et Pierre savoure ces instants. Le sommet n’était-il finalement qu’un prétexte pour être là, pour se remplir de ces merveilles que la montagne nous offre ?
Pour Chloé, Cyrille et Fred, le sommet du Mont-Blanc sera atteint aujourd’hui ! Nous nous retrouvons tous au refuge du Goûter pour y passer un bout d’après-midi et la nuit, avant de redescendre vers la verdure et la civilisation !
Un petit assortiment de photos prises par notre barbu de photographe : la classe !
Données Pratiques / Topo
J1 — Montée à Tête Rousse
- Chloé, Cyrille, Pierre et Fred rejoignent le refuge de Tête Rousse avec Charles. Ils ont choisi une ascension du Mont-Blanc en quatre jours pour laisser davantage de place à l’acclimatation.
J2 — Préparation autour du refuge
- Une journée autour de Tête Rousse permet de travailler le cramponnage et de caler les détails techniques. Je retrouve l’équipe au refuge. Après les derniers bulletins météo, nous décidons d’un réveil à 1 h 30 pour tenter le sommet.
J3 — Mont-Blanc ou Dôme du Goûter, selon la forme
- Après un départ dans les nuages et le vent, une éclaircie nous accueille vers le col du Goûter. Charles poursuit jusqu’au Mont-Blanc avec Chloé, Cyrille et Fred. Avec Pierre, nous profitons du Dôme du Goûter et du spectacle au-dessus des nuages. Toute l’équipe se retrouve pour la nuit au refuge du Goûter.
J4 — Retour vers la vallée
- Après la nuit au Goûter, nous redescendons vers la verdure et la civilisation, avec deux sommets différents et de beaux souvenirs partagés.
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