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2 septembre 2017

Dôme des Ecrins - Normal route

Avec Sylvain, Nico, Walter et Gilles, je monte au Dôme des Écrins en deux jours : neige fraîche, doutes au refuge et belle éclaircie pour le sommet.

Séracs et pentes enneigées sous le Dôme des Écrins, avec de petites silhouettes d’alpinistes sur le glacier

Déjà trois mois que je cours l’Alpe, crampons aux pieds, en observant la montagne s’assécher de jour en jour… Cet été aura vraiment été chaud et peu généreux en précipitations ! Bilan des courses : les itinéraires de neige sont ultrasecs et les glaciers copieusement ouverts.

Heureusement, juste avant de retrouver une fine équipe parisiano-niçoise — ou plutôt niçoiso-parisienne —, un furtif mais efficace épisode perturbé remet un coup de blanc sur les hauteurs. Une chance qui va nous rendre la vie plus moelleuse là-haut !

Sylvain, Nico, Walter et Gilles font un passage express dans les Écrins pour tenter l’ascension du Dôme des Écrins par la voie normale, notre star locale à plus de 4 000 mètres. Une altitude symbolique qui pousse beaucoup de monde vers ce sommet plutôt que vers d’autres, plus modestes.

L’idéal, pour vivre au mieux cette incursion en altitude, est d’étaler l’ascension sur trois jours ou plus. Faute de temps, nous la tentons en deux jours, sans acclimatation préalable. Certains organismes s’en souviendront !

J1 — Montée au refuge des Écrins

Le premier jour, nous montons au refuge des Écrins. Au passage, on en profite pour faire quelques pas de danse sur le glacier… et le tour du propriétaire.

Le Dôme joue les timides et reste dans les nuages toute la journée. Les cordées qui redescendent n’ont rien vu et sont frigorifiées. Ça promet ! Dans la soirée, le vent se met en plus à souffler sérieusement. Avec la neige fraîchement tombée, ce n’est pas forcément gagné pour le Dôme… Qu’importe ! Il y a de toute façon toujours à faire dans le secteur.

On ne se laisse pas abattre, et l’apéro maintient le moral des troupes ! J’avoue que le stress et les interrogations sans fin des veilles de course me sont beaucoup moins familiers qu’à mes débuts en alpinisme. Il y a une part de lâcher-prise indispensable en haute montagne. On doit accepter de composer avec une foule d’incertitudes : ce serait pure vanité que de prétendre tout contrôler…

Bref, mes compagnons se couchent avec un gros point d’interrogation dans le cerveau. Quant à moi, je prolonge la soirée avec les collègues autour d’une modeste fiole de génépi. Quand je m’autorise enfin l’horizontalité, il n’y a plus aucune trace d’activité cérébrale !

J2 — Ascension du Dôme des Écrins par la voie normale

Le vent a soufflé fort cette nuit, fouettant le refuge et faisant douter un peu plus les alpinistes. Pourtant, au réveil à 4 h 30, il s’est bien calmé et a complètement nettoyé le ciel. Ça s’annonce pas mal ! Bizarrement, personne ne se presse au petit déjeuner ce matin. Peut-être un rapport avec la trace à refaire ?

Dès le départ, je veille à trouver un rythme adapté au groupe, en tenant compte du manque d’acclimatation. Tout s’enchaîne bien. La neige récente nous permet d’évoluer plus confortablement que sur la glace, et nos prédécesseurs nous font une trace au top.

Les moins fatigués d’entre nous profitent à fond de l’ambiance de ce matin : poudreuse, lumières presque automnales, séracs impressionnants et crevasses béantes, dont une se franchit alors sur une échelle. Sans parler de la vue, parfaite ce jour-là.

Premiers rayons de soleil…

Cordées sur le glacier enneigé sous le Dôme des Écrins aux premières lumières du jour

Dôme des Ecrins - Premiers rayons

Gentils les séracs, pas bouger!

Barrière de séracs dominant les pentes enneigées de la voie normale du Dôme des Écrins

Dôme des Ecrins - Sous l'oeil des séracséracs

Sur fond de Roche Faurio...

Alpinistes encordés montant une pente de neige, avec la Roche Faurio et les sommets des Écrins derrière eux

Dôme des Ecrins - Devant la Roche Faurio

Guide posant, un vrai savoir faire.

Guide en veste rouge sur le glacier, devant les sommets éclairés par les premières lumières

Dôme des Ecrins - La pose s'impose

A la fin del rédillone de la muerte!

Alpinistes encordés à la sortie d’une pente de neige, au-dessus du bassin du Glacier Blanc

Dôme des Ecrins - La fin du raidillon de la muerte

Allez les gars, c'est tout plat là

Alpiniste en veste rouge dans une trace de neige sur les pentes du Dôme des Écrins

Dôme des Ecrins - Allez, c'est tout plat

Scénario météo idéal aujourd'hui : au fur et à mesure que nous montons, le vent tombe! Un petit passage technique pour franchir la rimaye et nous voilà au sommet!

Une fenêtre météo grande ouverte et une bonne humeur déconnante, what else? La prochaine ski aux pieds?

Données Pratiques / Topo

J1 — Montée au refuge des Écrins

  • Montée au refuge avec quelques exercices sur le glacier. Le Dôme reste dans les nuages, tandis que la neige récente et le vent entretiennent les interrogations sur les conditions du lendemain.

J2 — Voie normale du Dôme des Écrins

  • Réveil à 4 h 30 sous un ciel dégagé. Nous montons à un rythme adapté au groupe, dans la neige récente, puis franchissons la rimaye pour rejoindre le sommet. Le vent faiblit au fil de l’ascension et la vue est au rendez-vous.
AlpinismeCourse de neigedome des ecrinsEcrins

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