Petit Davin et No Fiesta à ski : deux couloirs, 2500 m de dénivelé et une mission du jour un peu particulière… réussir enfin à fatiguer Antoine !

Déjà pas mal de sorties au compteur avec Mister Roberto et, bien que plein de ressources et de nouveautés, je commence à connaître et cerner un peu l’animal ! La demande du jour de Lucile est explicite : « Fatigue-le, y a que toi qui y arrives !! » Pas le choix, si je veux parvenir à ce résultat, ça ne pourra pas se faire sur du terrain classique… Je risque de m’effondrer bien avant lui après 3827 m de dénivelé, l’écume à la bouche, agonisant dans un dernier râle. Il va falloir ruser !
Nous commençons la journée comme des pipelettes, sautant d’un sujet à l’autre et avançant à bon rythme… Ça ne fait même pas dix minutes que nous sommes partis et je sens déjà mon cœur qui essaye de sortir de mon corps par les poumons !! Je tire le frein à main. « Antoine, si tu veux que ton guide te serve à quelque chose aujourd’hui, économise-le ! »
Nous montons en direction du Petit Davin, par la petite entrée versant sud. Autrement dit, l’idée est d’attaquer le couloir à vue, sans l’avoir préalablement remonté. Avantage : pas de brassage fastidieux, une jolie boucle, un intérêt paysager certain. Inconvénient : suspense sur les conditions, qu’il faut juger du haut !
Il fait indécemment chaud sur le versant ensoleillé où nous remontons. En plus de notre corps, nous tirons sous nos skis d’infects sabots de 3 kg chacun. Heureusement, ce rude labeur ne s’étalera que sur 200 m de dénivelé… mais 200 m, c’est long. Bon, l’avantage, c’est que ça ne fatigue pas que moi !

Couloir pente raide - Petit Davin - A la brêche
Les ruses d’Antoine pour me faire croire que c’est peut-être trop dur pour lui, que je le surestime sûrement, qu’il n’est pas sûr d’y arriver ne prennent pas… Nous avons déjà skié pas mal de journées ensemble, certes jamais dans du très raide, mais il y a des signes qui ne trompent pas ! Une fois sur les skis, le ressort se met en marche et les virages plus ou moins sautés s’enchaînent sans sourciller !
Plus on descend, plus la neige se fait régulière et poudreuse. Immanquablement, les virages s’allongent ! Luxe du mois d’avril : le rayon de lumière dans les couloirs, même les plus au nord !
Voilà l’affaire vite pliée. Nous sommes rendus à 1900 m, au fond du vallon du Casset. Plusieurs couloirs nous tendent les bras. Nous remettons les peaux dans l’idée d’aller vers le couloir Davin, où se dirige une trace faite par deux skieurs. Mais en cours de route, on bifurque vers No Fiesta, le couloir évident situé entre les deux… Pas tracé, celui-là ! Nous voilà donc partis pour une bonne session skis sur le sac. J’espère que ça va fatiguer un peu Antoine !
Nous traçons devant à tour de rôle, puis je prends un grand relais jusqu’à 2900 m. La pente se redresse et ça brasse de plus en plus. Antoine se demande encore si je ne le surestime pas. Nous commençons aussi à sentir un peu de fatigue après les 2500 m de la matinée. C’est donc là qu’on s’arrête !
Comme tout à l’heure, une fois les skis aux pieds, la perception du terrain change et Antoine envoie les virages sans problème… On en profite pour faire un peu de technique… Le couloir est plus soutenu que le Petit Davin. La neige est une bonne poudre tassée qui pardonne. Les cuisses réclament de plus en plus souvent des temps de refroidissement !
Là encore, ça ne chôme pas et, peu de temps après, nous voilà dans le bas du vallon du Casset, d’où on se laisse glisser jusqu’au Casset, non sans avoir profité d’un court petit mélézin poudreux avant la glue du bas du vallon.

Petit Davin et no fiesta
Nous arrivons au Casset directement sur la terrasse du bistrot. Nous commandons une limonade et un jus d’ananas. Pas de bière, c’est louche ! De la fatigue dans l’air, peut-être ?
Données Pratiques / Topo
Petit Davin – 4.3 E2
- Environ 400 m de couloir, autour de 40°, avec une partie supérieure plus raide à 45°. Un beau couloir nord, assez régulier et relativement accessible pour découvrir le ski raide.
No Fiesta – 5.3 E3
- Un couloir nettement plus technique et soutenu, avec des passages à 50° et un court passage autour de 55°. Étroiture, changements de pente et ambiance plus sérieuse : on entre clairement dans le ski de pente raide.
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